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Raffaella Cafarella

Texte de présentation série Venise

DANS MES RÊVES

Dans mes rêves, je suis arrivée à Venise par tous les moyens des transports : le train qui franchit la mer, le bateau. Et l’avion d’où l’on peut voir, du ciel, cette ville improbable, magique, qui se dessine comme un poisson sur le fond sablonneux de la lagune. Cette Venise fantastique avec ses palais fastueux qui ouvrent leurs fenêtres sur le Grand Canal. Venise avec ses ruelles étroites où passent des silhouettes fugaces qui évoquent celle de Corto Maltese le marin dessiné par Hugo Pratt.

Venise resurgit dans mes souvenirs avec sa géographie composée au cours de mes promenades nocturnes. J’ai rêvé de Venise en me plongeant dans les tableaux de Canaletto à la lumière si claire, si transparente ; un monde calme. C’est pour toutes ces raisons que je m’y suis réfugiée pendant plusieurs années. Mais, à l’image des personnages de ces contes de fées que ma grand-mère me racontait pour m’endormir et que j’écoutais émerveillée, cette ville se fait changeante comme sous l’emprise d’un sortilège – tel un décor de théâtre qui se transforme aussitôt les rideaux baissés. Le jour et la nuit se confondent, et l’été devient automne. Subrepticement, Venise devient un écrin qui dissimule tous ses secrets : la splendeur se cache derrière l’opacité. Elle me renvoie mes sensations, les amplifie comme un miroir grossissant. Et c’est là, au cours de mes promenades nocturnes, que les canaux noir pétrole ont réfléchi mon image, comme le souvenir de l’enchantement promis par cette ville rêvée.

Raffaella Cafarella

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